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A Magacascar, Moby Dick est un lézard, une nouvelle espèce de « scinque sirène »

by Frédéric Magné - published on , updated on

Une nouvelle espèce de lézard fouisseur vient d’être découverte à Madagascar par une équipe internationale réunissant des chercheurs français - dont des chercheurs du Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive (CNRS / Universités de Montpellier / SupAgro / IRD / CIRAD / EPHE) - , malgaches, américains et allemands. Baptisée Sirenoscincus mobydick en référence au fameux cachalot albinos du roman de Herman Melville, cette espèce présente une combinaison de caractéristiques anatomiques unique au sein des vertébrés terrestres que sont les amphibiens, les reptiles, les mammifères et les oiseaux. Ces travaux ont été publiés fin décembre 2012 dans la revue Zoosystema.

   

Le « scinque sirène » Moby Dick, ou lézard Moby Dick vu en entier (A), sa partie antérieure de profil (B) et
ventrale (C). Zoom sur ses membres antérieurs dépourvus de doigts et ressemblant à des nageoires (D).
© Falk S. Eckhardt

 A l’origine de la diversité des formes de vie, l’évolution est une modification des caractères génétiques et morphologiques des espèces au cours des générations. C’est ainsi qu’une espèce va s’adapter à l’environnement dans lequel elle vit afin d’augmenter au fur et à mesure ses chances de survie dans cet environnement.

Le lézard « Moby Dick » découvert dans les forêts sèches du nord-ouest de Madagascar a subi une évolution diamétralement opposée à celle des autres espèces de Lézard sans pattes. En effet, outre sa peau dépigmentée et le fait que ses yeux, devenus inutiles sous terre, aient quasiment disparus, cette nouvelle espèce de lézard fouisseur, vivant dans le sable, a perdu ses pattes postérieures et gardé des membres antérieurs. Aussi, ce lézard présente un plan d’organisation morphologique qui rappelle celui des cétacés.

Or la très grande majorité des lézards sans pattes (ainsi que les serpents) a évolué à partir d’ancêtre quadrupèdes en perdant leurs membres antérieurs en premier, bien avant de perdre leurs membres postérieurs. En cela, le lézard « Moby Dick » fait figure d’exception à la règle. Sa morphologie originale pose la question de savoir quel peut avoir été l’avantage, du point de vue adaptatif, de perdre ses pattes antérieures avant les postérieures, quelles ont été contraintes au cours de son évolution pour qu’il subisse une évolution opposée à celle généralement observée dans d’autre groupes. En bref, de nouvelles études sur ce lézard et ses espèces cousines permettront d’en savoir un peu plus sur certains mystères de l’évolution.

 Références

"Variations on a bauplan : description of a new Malagasy “mermaid skink” with flipper-like forelimbs only (Scincidae, Sirenoscincus Sakata & Hikida, 2003)".Aurélien Miralles, Mirana Anjeriniaina,Christy A. Hipsley, Johannes Müller, Frank Glaw and Miguel Vences. Zoosystema. 34 (4) : 701-719.

Contact presse

Aurélie Lieuvin, chargée de communication de la délégation Languedoc-Roussillon,

Tel : 04 67 61 35 10, Mél : aurelie.lieuvin@dr13.cnrs.fr