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Changement climatique et corail : des projections inquiétantes

by Frédéric Magné - published on

Le blanchissement des coraux est un phénomène de stress provoqué par une hausse des températures océaniques au-delà de 30°C, pouvant entraîner la mort de l’animal. Des chercheurs du Centre de recherche insulaire et observatoire de l’environnement – CRIOBE (CNRS / EPHE), associés à la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), viennent d’établir une cartographie des zones à risques sur la base des dernières projections climatiques du GIEC.

Colonie devenue toute blanche dans le récif corallien de l’île de Mooréa, en Polynésie. © CNRS Photothèque / Yannick Chancerelle 

Le constat est alarmant : en 2040, si rien n’est fait pour enrayer la hausse des températures atmosphériques, les ¾ des récifs coralliens de la planète subiront des phénomènes de blanchissement au moins une fois par an ; en 2056, c’est la totalité des récifs qui seront concernés. « Ce phénomène, lié à l’expulsion de l’algue-hôte qui nourrit le corail et lui donne sa couleur, se produit lorsque la température de l’eau dépasse 30 °C durant deux à quatre semaines consécutives » indique Serge Planes, chercheur CNRS au CRIOBE et co-auteur de l’étude parue dans Nature climate change. Le blanchissement du corail n’est pas sans risque, puisqu’il entraîne la mort de l’animal dans 15 à 60 % des cas.

Les chercheurs du CRIOBE, associés à la National Oceanic and Atmospheric Administration, ont utilisé les dernières projections du groupe d’experts intergouvernemental sur le climat (GIEC), qui prévoient une hausse de 1 à 3 °C de la température atmosphérique d’ici à 2050, pour modéliser l’élévation des températures océaniques et prédire les phénomènes de blanchissement. Les récifs les plus fragiles, qui seront touchés par ces phénomènes de blanchissement annuel dès 2025-2030, se trouvent notamment en Australie du nord-ouest, aux Philippines et en Papouasie-Nouvelle Guinée. Les zones les moins fragiles, qui ne devraient pas être impactées avant 2056, incluent la grande barrière de corail en Australie et la Polynésie française. 

« Il reste difficile de prédire comment le corail s’adaptera à la modification des équilibres actuels, nuance Serge Planes. Les récifs vont changer et les espèces dominantes d’aujourd’hui ne seront probablement pas celles de demain ». A noter que la France abrite près de 8% de la surface mondiale de récifs coralliens, répartis dans tous les océans.

Références :

"Temporary refugia for coral reefs in a warming world", publié dans Nature climate change online le 24 février par R. van Hooidonk, J.A. Maynard et S. Planes.

Contact chercheur

Serge Planes, Centre de Recherche Insulaire et Observatoire de l’Environnement (CRIOBE) CNRS / Ecole pratique des hautes études (EPHE), BP 1013 - 98 729, Papetoai, Moorea, Polynésie française, E-mail : serge.planes@criobe.pf

Contact presse

Aurélie Lieuvin, chargée de communication de la délégation Languedoc-Roussillon, Tél : 04 67 61 35 10, Mél : aurelie.lieuvin@dr13.cnrs.fr