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Comment mieux protéger les récifs coralliens du réchauffement océanique ?

by Frédéric Magné - published on

Comment protéger les récifs coralliens du phénomène destructeur de blanchissement lié au réchauffement climatique ? Etablir des réserves marines dans les zones où ils se situent ne suffit pas ; il faut aussi - et surtout - veiller à ce que ces édifices aient une structure initiale complexe avec beaucoup de coraux juvéniles, et qu’ils se trouvent dans une eau peu polluée et assez profonde. Voilà en substance, l’important message délivré par une étude réalisée par une équipe internationale, comprenant David Mouillot du Centre pour la biodiversité marine, l’exploitation et la conservation. Publiés récemment dans la revue Nature, ces travaux devraient aider les gestionnaires de récifs coralliens à mieux prédire la réponse de ces systèmes au réchauffement océanique et à augmenter leur chance de résilience.


Colonies coralliennes blanchies (Acroporidae) dans l’Océans Indien.
© CNRS Photothèque / THOMASSIN Bernard

 

Les récifs coralliens constituent des niches écologiques vitales pour de nombreux animaux marins qui y trouvent abri et nourriture. Or, ces précieux édifices marins sont grandement menacés par le réchauffement climatique global, lequel peut induire une élévation de la température des océans de quelques degrés, qui entraîne leur blanchissement généralisé. Jusque ici, les scientifiques ignoraient pourquoi certains récifs arrivaient à se remettre de ce blanchissement et à survivre (phénomène de « résilience »), alors que d’autres basculaient vers un système dominé par les macroalgues (algues géantes fixées sur un substrat rocheux) bien moins productif.

Pour répondre à cette question, les chercheurs ont analysé des mesures concernant des récifs coralliens des Seychelles dans l’Océan Indien, indiquant leur profondeur, la complexité de leur organisation et le niveau de pollution de l’eau environnante en azote.Une partie de ces données a permis d’établir l’état initial des récifs avant l’évènement de blanchissement majeur de 1998, où 90% des coraux de la région ont été perdus.Il est apparu que sur les 21 récifs suivis, 12 récifs ont bénéficié d’une résilience quasiment totale et à retrouver leur état initial.En effet, ces derniers avaient pour particularités de présenter au départ une structure corallienne complexe avec une forte densité de coraux juvéniles et de poissons herbivores, et de se trouver à plus de 5 mètres de profondeur, dans une eau avec une faible teneur en azote.

« La variable qui influence le plus est la complexité structurelle du système corallien. En effet, nous avons noté que plus un habitat corallien était complexe et diversifié avant sa dégradation, plus sa probabilité de résilience était forte, proche de 100 %  », précise David Mouillot.

Chose surprenante, il s’est avéré qu’établir une réserve marine interdite à la pêche dans la zone où se trouvent les récifs dégradés, ne favorise pas significativement leur résilience.


Vue macroscopique sur une colonie corallienne d’ "Acropora sp." lors d’un phénomène de blanchissement
corallien. © CNRS Photothèque / CHANCERELLE Yannick

 

 Référence

"Predicting climate-driven regime shifts versus rebound potential in coral reefs", Nicholas A. J. Graham, Simon Jennings, M. Aaron MacNeil, David Mouillot & Shaun K. Wilson, Nature,  le 14 janvier 2015.
 

Contact chercheurs

David Mouillot
Centre pour la biodiversité marine, l’exploitation et la conservation (MARBEC) - CNRS / Université de Montpellier / IRD / Ifremer
Tél. : 04 67 14 39 26
Email : david.mouillot@univ-montp2.fr


Contact communication

Aurélie Lieuvin
Communication à la délégation Languedoc Roussillon du CNRS
Tél. : 04 67 61 35 10 
Email :aurelie.Lieuvin@dr13.cnrs.fr