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Des « superfemelles » XY chez la souris naine africaine

by Frédéric Magné - published on

Elles se reproduisent plus souvent, ont des portées plus grandes et font partie des très rares femelles de mammifères à posséder un chromosome sexuel Y, typique des individus mâles... Mais quel est le secret de ces souris de l’espèce Mus minutoides ? Une curiosité qui, bien loin de les handicaper, leur confère un véritable avantage évolutif, comme vient de le montrer l’équipe composée de chercheurs de l’institut des Sciences de l’évolution de Montpellier – ISEM (CNRS/Univ. Montpellier 2/IRD) et du Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive – CEFE (CNRS/Univ. Montpellier 1,2 et 3/ Montpellier SUPAGRO/EPHE/Cirad).


En apparence, absolument rien ne distingue une souris naine femelle portant
les chromosomes XY d’une souris XX...(© Frédéric Veyrunes)

 

Chez les mammifères le déterminisme du sexe se caractérise par une paire de chromosomes sexuels XY pour les mâles (le chromosome Y étant transmis par leur père), et une paire de chromosomes XX pour les femelles. Une poignée d’espèces déroge cependant à cette règle. C’est le cas de la souris naine d’Afrique Mus minutoides, comme l’a montré dès 2010 Frédéric Veyrunes, chercheur CNRS à l’Institut des sciences de l’évolution de Montpellier. Chez ce petit rongeur, il existe en effet un troisième chromosome sexuel, un X mutant (noté X*), dont la particularité est d’inhiber le chromosome mâle Y. Conséquence, si les mâles possèdent tous la formule XY, les femelles présentent trois génotypes différents : XX, X*X et X*Y ! « La question était alors de savoir si ces différences de génotypes influaient sur la performance reproductive des souris », raconte le biologiste. Porter un chromosome mâle Y et produire régulièrement des embryons YY non viables devait constituer un handicap reproducteur pour ces femelles...

Pour le savoir, les chercheurs ont déterminé le génotype de plusieurs centaines de souris femelles issues de l’unique élevage au monde de cette espèce puis ont observé, deux années durant, les individus des trois groupes décrits : âge de la première reproduction, intervalles entre deux portées, nombre de petits par portée... Les résultats obtenus ont fait l’effet d’une petite bombe : « non seulement les femelles XY ne sont pas moins fécondes que les deux génotypes XX et X*X, mais elles les supplantent sur bien des plans !  » s’étonne encore Paul Saunders, premier auteur de l’étude et étudiant en thèse dans l’équipe de Frédéric Veyrunes. Elles ovulent davantage et sont mâtures sexuellement 20 jours en moyenne avant les autres, ce qui leur permet d’avoir une portée supplémentaire au cours de leur courte vie (un à deux ans maximum en moyenne pour l’espèce). Enfin, elles donnent naissance en moyenne à un petit de plus par portée. Des superfemelles, en résumé ! « Cela explique pourquoi cette curiosité génétique a été conservée depuis son apparition chez cette espèce, il y a un million d’années  », concluent les chercheurs.


 Référence

"XY females do better than the XX in the African pygmy mouse, Mus minutoides", publié dans online le 29 mars par Paul A. Saunders, Julie Perez, Massilva Rahmoun, Ophélie Ronce, Pierre-André Crochet et Frédéric Veyrunes, Evolution, 2014

 

Contact chercheur

Frédéric Veyrunes,  Institut des sciences de l’évolution de Montpellier (ISEM) – CNRS/Univ. Montpellier 2/IRD
Tél. : 04 67 14 46 33
Mél. : frederic.veyrunes@univ-montp2.fr


Contact communication

Valérie Durand,  Institut des sciences de l’évolution de Montpellier (ISEM) – CNRS/Univ. Montpellier 2/IRD
Tél. : 04 67 14 46 15 
Mél. : valerie.durand@univ-montp2.fr