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Domestication de la vigne : un long processus

by Frédéric Magné - published on , updated on

On pensait - à tort - que la domestication de la vigne s’était imposée rapidement. L’étude de dix-sept sites romains du sud de la France, menée notamment par Laurent Bouby, ingénieur de recherche CNRS au Centre de bio-archéologie et d’écologie (CNRS/Université de Montpellier 2/EPHE/INRAP), montre que la vigne domestiquée a mis du temps à supplanter la vigne sauvage dans les cultures.

 

En haut, une vigne sauvage de Grèce. En bas, des pépins de vigne sauvage et domestique : les pépins « domestiques » ont une forme plus allongée que leurs cousins sauvages, ce qui a permis de les repérer sur les sites archéologiques.
© Sarah Ivorra
 

Si l’on sait que le raisin est consommé depuis le Mésolithique (10 000 av. J.C.) par les populations du bassin méditerranéen, il est plus difficile de dire à quand remontent la culture de la vigne et sa domestication (la domestication impliquant la modification du végétal par l’homme, qui en sélectionne les caractères les plus intéressants…). « Pour les arbres fruitiers, on fait généralement l’hypothèse que la domestication est rapide », raconte Laurent Bouby. « Et ce, grâce aux pratiques de multiplication végétative (bouturage…) qui permettent de fixer et de diffuser rapidement les caractères sélectionnés. » L’étude bio-archéologique menée dans le sud-est de la France, parue dans Plos One, révèle donc une vraie surprise : « elle montre que durant toute la période romaine, alors que la vigne était abondamment cultivée pour produire du vin, les deux formes sauvage et domestiquée ont continué à coexister dans les cultures. » 

Pour arriver à ce résultat, des centaines de pépins de raisin issus de dix-sept sites archéologiques romains répartis de l’Aude au Var ont été observés à la binoculaire. Pour savoir s’ils provenaient de raisin sauvage ou domestiqué, une typologie des pépins issus de vignes actuelles – sauvages et domestiques - a été préalablement effectuée. « La différence est notable entre les deux », explique Laurent Bouby, « les pépins domestiques ayant une forme plus allongée. » La conclusion de l’étude est formelle : sur tous les sites, les échantillons récoltés montrent une grande diversité de pépins sauvages, domestiques et de formes intermédiaires. « Cela montre que les Romains ne pratiquaient pas une sélection étroite des cépages comme aujourd’hui, même si on trouve moins de pépins sauvages en fin de période, vers 500 après J.-C. » indique Laurent Bouby, qui aimerait désormais déterminer à quel moment la vigne domestique s’est définitivement imposée dans les cultures françaises.

Référence :

"Bioarchaeological Insights into the Process of Domestication of Grapevine (Vitis vinifera L.) during Roman Times in Southern France", Laurent Bouby, Isabel Figueiral, Anne Bouchette, Nuria Rovira, Sarah Ivorra, Thierry Lacombe, Thierry Pastor, Sandrine Picq, Philippe Marinval et Jean-Frédéric Terral, Plos One, 15 mai 2013 

Contact chercheur

Laurent Bouby, Centre de bio-archéologie et d’écologie de Montpellier (CNRS/Université de Montpellier 2/EPHE/INRAP)
Tél. : 04 99 23 21 80
Mél : laurent.bouby@univ-montp2.fr

Contact presse

Aurélie Lieuvin, Chargée de communication de la délégation Languedoc-Roussillon
Tél. : 04 67 61 35 10
Mél :aurelie.lieuvin@dr13.cnrs.fr