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Impact des invasions biologiques : bilan et défis à venir

by Frédéric Magné - published on , updated on

Suggérer qu’une espèce introduite peut constituer une menace pour son nouvel écosystème constitue-t-il un biais xénophobe ? Alors que l’utilité même de l’étude des invasions biologiques est remise en cause, des chercheurs en écologie et en sciences humaines ont dressé un bilan des connaissances dans ce domaine et des efforts qui restent à faire.

Cortaderia selloana ou Herbe de la Pampa, est une espèce horticole très invasive colonisant ici un milieu naturel dans la région de Montpellier © JL Martin
 

Des rats aux coccinelles asiatiques, en passant par la crevette impériale « déménagée » de la Mer rouge vers la Méditerranée suite au percement du canal de Suez, les exemples d’introductions volontaires ou involontaires d’espèces dans de nouvelles aires géographiques sont légion. Et, alors que le flux des transports s’accélère autour de la planète, le phénomène va s’accentuant. D’abord vues comme un atout – c’est le cas des plantes exotiques appréciées pour leurs qualités esthétiques ou alimentaires –, ces introductions ont progressivement été perçues comme des menaces pour leurs milieux de destination, du fait des profonds bouleversements qu’elles peuvent y causer. D’où la montée en puissance, dès les années 80, d’un nouveau champ de la recherche : la biologie des invasions, aujourd’hui sous le feu des critiques.

« Le propos de cette discipline n’est pas de juger si une espèce est bonne ou mauvaise. Il est de savoir si une population installée dans une nouvelle région du fait des activités humaines risque d’avoir un impact négatif sur les écosystèmes et, si oui, comment on peut y remédier » défend Jean-Louis Martin, chercheur CNRS au Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive (CEFE) qui vient de participer à une réflexion globale sur l’étude des invasions biologiques. Dans le cas de l’Europe, par exemple, on estime à 10.000 le nombre d’espèces exotiques qui y ont établi des populations et à 11% la part de celles qui posent d’ores et déjà problème.

Quelle position adopter face à ce risque ? « Notre étude montre qu’aujourd’hui, les défis posés par la gestion des invasions biologiques sont de mieux maîtrisés tant au niveau des mesures de prévention, d’éradication, de gestion à long terme, que de restauration des milieux impactés », indique Jean-Louis Martin, qui précise qu’empêcher l’installation reste bien entendu l’approche la plus efficace. Une mesure qui ne s’impose pas du fait d’une origine étrangère, mais à cause du fort risque d’impacts négatifs associé aux introductions.
 
Référence

Impacts of biological invasions : what’s what and the way forward”, publié dans « Trends in ecology and evolution » online du 10 août 2012 par Daniel Simberloff, Jean-Louis Martin, Piero Genovesi, Virginie Maris, David A. Wardle, James Aronson, Franck Courchamp, Bella Galil, Emili Garcıa-Berthou, Michel Pascal, Petr Pysek, Ronaldo Sousa, Eric Tabacchi et Montserrat Vila.

  Contact chercheur

Jean-Louis Martin, Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive (CEFE), Tel : 04 67 61 32 64, Mél : jean-louis.martin@cefe.cnrs.fr

  Contact communication

Bénédicte Martin, chargée de communication, Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive (CEFE), CNRS/Université de Montpellier 1, 2 et 3, CIRAD / IRD / INRA / Ecole Pratique des hautes études / Montpellier SUPAGRO, Tel : 04 67 61 32 09, Mél : Benedicte.MARTIN@cefe.cnrs.fr