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La domestication de l’olivier a commencé au Proche-Orient

(Guillaume Besnard)

par Frédéric Magné - publié le , mis à jour le

Publiée dans les Proceedings of the Royal Society B, une étude internationale emmenée par un chercheur français du laboratoire Évolution et Diversité Biologique (CNRS / Université Paul Sabatier / Ecole nationale de formation agronomique) démêle l’histoire complexe de la domestication de l’olivier. Ce travail montre que cette domestication a commencé dans le nord du Levant, une région qui correspond à l’actuelle frontière entre la Turquie et la Syrie.
 

Champ d’oliviers en Andalousie © B. Khadari

Il est bien difficile de reconstituer l’histoire pluri-millénaire de la domestication d’une espèce animale ou végétale car elle est faite de déplacements géographiques et de croisements multiples entre formes sauvages et formes déjà domestiquées. Plante emblématique du bassin méditerranéen, qui a accompagné l’émergence des civilisations antiques dans la région, l’olivier ne fait pas exception à la règle. Jusqu’à aujourd’hui, le sujet est l’objet d’une controverse scientifique, entre ceux qui affirment que cette domestication a commencé il y a environ 6 000 ans au Proche-Orient d’où les premiers cultivars d’olivier auraient ensuite été disséminés vers l’ouest, et ceux qui pensent qu’elle a pu se faire de manière indépendante et simultanée dans des régions distantes du bassin méditerranéen, de l’Espagne jusqu’au Levant.

Pour essayer de trancher le débat, l’équipe internationale qui publie dans les Proceedings of the Royal Society B s’est intéressée à l’ADN contenu dans le chloroplaste de quelque 1 800 oliviers domestiques ou sauvages. Cet ADN présente la particularité d’être transmis uniquement par la mère et de n’être disséminé qu’à faible distance, par les graines. Les chercheurs ont ainsi pu remonter l’histoire de la plante et déterminer qu’à l’origine, trois lignées sauvages coexistaient autour de la Méditerranée, deux à l’ouest et une à l’est. Mais c’est de cette dernière lignée que sont issus 90 % des oliviers domestiqués aujourd’hui. La domestication s’est donc faite au Proche-Orient, dans le nord du Levant, qui correspond à l’actuelle frontière entre la Syrie et la Turquie. Les premiers cultivars ont ensuite été dispersés sur les rives du bassin méditerranéen au fil des migrations de populations et des échanges commerciaux. 

Référence

"The complex history of the olive tree :from Late Quaternary diversification of Mediterranean lineages to primary domestication in the northern Levant", Proceedings of the Royal Society B, G. Besnard, B. Khadari, M. Navascués, M. Fernandez-Mazuecos, A. El Bakkali, N. Arrigo, D. Baali-Cherif, V. Brunini-Bronzini de Caraffa, S. Santoni, P. Vargas & V. Savolainen.

Contact chercheur

Guillaume Besnard,
Laboratoire Évolution et Diversité Biologique (EDB) – CNRS/ Université Toulouse III Paul Sabatier/ENFA
Tél. : 05 61 55 85 45
Mél : guillaume.besnard@univ-tlse3.fr


Contact communication

Frédéric Magné
Laboratoire Évolution et Diversité Biologique (EDB) – CNRS/ Université Toulouse III Paul Sabatier/ENFA
Tél. : 05 61 55 67 43
Mél. : frederic.magne@univ-tlse3.fr