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La génétique dévoile l’histoire évolutive du Tuit tuit

(Christophe Thébaud & Lounès Chikhi)

by Frédéric Magné - published on , updated on

Des chercheurs du laboratoire Evolution et Diversité Biologique (CNRS / Université Toulouse 3 / Ecole nationale formation agronomique) en collaboration avec l’Instituto Gulbenkian de Ciência à Lisbonne et la Société d’Etudes Ornithologiques de La Réunion (SEOR) ont retracé l’histoire évolutive et démographique d’un oiseau en danger critique d’extinction sur l’île de La Réunion. D’après leur étude publiée dans PLoS ONE en août 2012, l’Homme est bien responsable du déclin récent de cette espèce. Mais les données génétiques accusent également un ou plusieurs évènements climatiques de grande envergure, antérieur à la colonisation de l’île par l’Homme.

Deux photos de l’échenilleur de La Réunion, alias le Tuit-tuit. A gauche une femelle adulte. A droite un mâle adulte. Le Tuit tuit est un des oiseaux les plus rares au monde avec moins de 100 individus identifiés ©T. Ghestemme

L’île de La Réunion abrite une biodiversité exceptionnelle, mais celle-ci est menacée depuis l’arrivée de l’Homme il y a 350 ans. La chasse, la déforestation, l’agriculture et l’introduction d’espèces invasives et prédatrices, comme les chats et les rats, ont conduit à la disparition de plus de la moitié des vertébrés qui vivaient sur l’île (oiseaux, reptiles, chauves-souris).

L’étude réalisée par Jordi Salmona et ses collaborateurs porte sur un oiseau forestier endémique de l’île, le « Tuit tuit » ou Coracina newtoni de son nom scientifique. Aujourd’hui cet oiseau est l’un des plus rares au monde, avec une population comprenant moins de 100 individus et restreinte sur un territoire de 12km² dans les montagnes de La Réunion. Grâce au croisement d’analyses génétiques et de méthodes statistiques avancées, les chercheurs ont montré que le « Tuit tuit » a subi un ou plusieurs déclins démographiques au cours de l’holocène, période correspondant aux 10 000 dernières années. Ces résultats, a priori surprenants, peuvent être mis en rapport avec d’autres travaux menés dans cette partie de l’Océan Indien et qui soutiennent qu’il y a eu un épisode de sécheresse catastrophique ainsi que des éruptions volcaniques dévastatrices il y a environ 4500 ans.

Ces résultats ne remettent pas en cause les dégâts récents liés à la présence de l’Homme. Mais il ne faut pas pour autant chercher à relier les données génétiques uniquement à ce coupable évident. Des études supplémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre comment l’environnement et le temps influent sur les génomes des espèces, et comment quantifier l’importance relative des facteurs agissant sur les génomes (facteurs naturel/anthropogénique, anciens/récents).

 Référence


"Signature of a pre-human population decline in the critically endangered reunion island endemic forest bird Coracina newtoni", PLOS ONE, Jordi Salmona, Marc Salamolard, Damien Fouillot, Thomas Ghestemme, Jerry Larose, Jean-François Centon, Vitor Sousa, Deborah A. Dawson, Christophe Thébaud, Lounès Chikhi.



Contacts chercheurs


Salmona Jordi
Tél. : 05 61 55 67 54
Email. : jordi.salmona@gmail.com

Lounes Chikhi
E-mail : lounes.chikhi@univ-tlse3.fr


Contact presse


Nathalie Boudet,
Service communication, Délégation Midi-Pyrénées du CNRS
Tél. : 05 61 33 61 34
E-mail : nathalie.boudet@dr14.cnrs.fr