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Le passé d’El Niño lu dans des coquillages

by Frédéric Magné - published on , updated on

Le tristement célèbre phénomène météo El Niño se caractérise par une hausse des températures de l’océan Pacifique tropical de plus de 0.5°C et pouvant atteindre 8°C, qui génère de dramatiques sécheresses en Asie et de fortes pluies en Amérique. Il constitue la phase « chaude » de l’oscillation australe (ENSO), marquée par des variations irrégulières des températures du Pacifique, et représentant la principale cause de variabilité du climat d’une année à l’autre. Une équipe internationale, a pu remonter l’histoire de l’ENSO il y a 10.000 ans en analysant des coquillages fossiles du Pérou. Publiés dans la revue Science du 29 août, ces résultats pourraient aider à améliorer les modèles climatiques visant à prévoir l’activité future d’ENSO.


Amas coquillier archéologique de la période inca dans la basse vallée d’Ica au Pérou.
(©Matthieu Carré)

 

Pour obtenir ces résultats, des chercheurs, issus de disciplines différentes, ont reconstitué les variations de températures du Pacifique tropical des 10 000 dernières années en étudiant la composition chimique de 180 coquilles de bivalves, provenant de plusieurs sites archéologiques côtiers du Pérou. Les bivalves fabriquent leur coquille encarbonate de calcium (CaCO3), en incorporant deux types d’atomes d’oxygène (18O et 16O), dans une proportion dépendant de la température de l’océan.

A partir des variations de températures calculées, les chercheurs ont reconstruit l’évolution de l’intensité de l’ENSO et de sa structure spatiale. ENSO se compose de deux modes : l’un provoquant des évènements El Niño modérés dans le Pacifique central ; l’autre, des El Niño forts dans le Pacifique oriental.


Coquille de Mesodesma donacium en coupe où apparaissent les lignes de croissance
formées pendant les marées basses. Ces lignes offrent un calendrier interne permettant
d’analyser les coquilles avec un pas temporel mensuel (©Matthieu Carré)

 

Les résultats révèlent des changements importants dans l’activité passée d’ENSO. En effet, entre 10 et 8 milliers d’années (ka) avant le présent, celle-ci était presque au niveau actuel, ponctuée de quelques évènements extrêmes provoquant des crues catastrophiques. Entre 7.5 et 6.7 ka, ENSO était dominée par des évènements modérés dans le Pacifique central. Puis entre 6 et 4 ka, El Niño a même quasiment disparu dans le Pacifique. L’ENSO semble avoir acquis ses caractéristiques modernes entre 3 et 4 ka.

« Ces variations montrent que l’ENSO réagit de manière complexe aux changements climatiques globaux », souligne Matthieu Carré paléoclimatologue à l’Institut des Sciences de l’Evolution de Montpellier (ISEM).

Il est également apparu dans cette étude que le niveau d’activité actuel de l’ENSO est le plus élevé des 10,000 dernières années.

D’autres recherches sont nécessaires pour savoir si ceci est lié au réchauffement climatique.

Télécharger la brève (PDF-1 ,05 Mo)
 

 Référence

"Holocene history of ENSO variance and asymmetry in the eastern tropical Pacific", Matthieu Carré, Julian P. Sachs, Sara Purca, Andrew J. Schauer, Pascale Braconnot, Rommel Angeles Falcón, Michèle Julien et Danièle Lavallée, Science, le 29 août 2014
 

Contacts chercheurs

Matthieu Carré, Institut des Sciences de l’Evolution de Montpellier – ISEM (CNRS/UM2/ IRD)
Tél. : 04 67 14 38 08
Email : matthieu.carre@univ-montp2.fr


Michèle Julien, Archéologies et Sciences de l’Antiquité - ArScAn (CNRS / Univ. Paris 10 / Univ. Paris 1 / Ministère de la culture et de la communication)
Tél. : 01 46 69 24 11
Email : michele.julien@mae.u-paris10.fr


Pascale Braconnot, Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement – LSCE (CNRS / CEA / UVSQ)
Tél. : 01 69 08 77 21
Email : pascale.braconnot@lsce.ipsl.fr

 

Contacts communication

Aurélie Lieuvin, Communication à la délégation Languedoc Roussillon du CNRS
Tél. : 04 67 61 35 10
Email : aurelie.Lieuvin@dr13.cnrs.fr


Valérie Durand, Institut des Sciences de l’Evolution de Montpellier – ISEM (CNRS/UM2/ IRD)
Tél. : 04 67 14 46 15
Email : valerie.durand@univ-montp2.fr