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Le site préhistorique d’Orgnac 3, objet de nouvelles datations

by Frédéric Magné - published on

Une des dernières datations, remontant à 1988, établissait un âge moyen de 339 000 ans pour ce site occupé par Homo heidelbergensis, l’ancêtre de Néandertal. L’utilisation combinée des techniques isotopiques uranium-thorium (U/ Th) et Argon-Argon (40Ar/39Ar) permet de donner une fourchette plus précise de l’occupation, entre 312 000 et 265 000 ans avant le présent.


Une vue du site d’Orgnac 3. Comblée au cours de son utilisation par Homo heidelbergensis, l’ancêtre de Néandertal, la cavité a fait progressivement place à un abri sous roche puis à un site de plein air. (©Véronique Michel)
 
Dater un site préhistorique est toujours une gageure pour les chercheurs qui, faute de matériaux à analyser, doivent parfois se contenter de l’analyse biostratigraphique des couches de sédiments (la faune présente dans chaque strate donnant une indication de la période concernée). Du fait de son histoire très particulière, Orgnac 3, un site préhistorique occupé par Homo heidelbergensis, présente l’incroyable avantage de pouvoir être daté non pas avec une mais avec deux méthodes de datation différentes ! D’abord grotte souterraine, où se sont formées des stalagmites composées de calcite, le site s’est progressivement comblé, devenant un simple abri sous roche puis un site de plein air. « Notre chance, c’est qu’une éruption volcanique proche, celle du Puy de Sancy estimée à –275 000 ans, l’a partiellement recouvert de dépôts volcaniques  », raconte Véronique Michel, chercheuse CNRS au laboratoire Cultures et Environnements. Préhistoire, Antiquité, Moyen Âge (CEPAM), à l’origine des derniers résultats publiés dans PLOS ONE. Cette étude a été réalisée par une équipe de chercheurs français du CNRS (Laboratoire du CEPAM, Laboratoire GEOAZUR, Département de Préhistoire du MNHN), de chercheurs chinois (Laboratoire de l’Université de Nanjing) et de chercheurs taïwanais (Laboratoire HISPEC de Taipei).

La technique uranium-thorium (U/Th) a été utilisée pour dater la calcite présente dans les couches médianes de ce site archéologique d’une épaisseur totale de 7 mètres, et la méthode Argon-Argon (40Ar/39Ar) a été employée sur les grains de sanidine typiques des dépôts volcaniques retrouvés dans les couches supérieures. Résultat : un âge compris entre 312 000 ans et 265 000 ans (avec une marge d’erreur calculée d’à peine 4000 ans), contre 339 000 ans pour la dernière estimation (avec une marge d’erreur de 50 000 ans environ). « Orgnac 3 est célèbre dans le monde entier car c’est le plus ancien site où l’on retrouve le débitage Levallois (une technique de fabrication d’outils employée par Néandertal, notamment, qui consiste à préparer la pierre afin de déterminer la forme des éclats obtenus) » raconte Véronique Michel. Cette nouvelle datation permet donc de situer l’apparition de cette technique en Europe autour de – 300 000 ans.

 Référence

"Application of U/Th and 40Ar/39Ar Dating to Orgnac 3, a Late Acheulean and Early Middle Palaeolithic Site in Ardèche, France", Véronique Michel, Guanjun Shen, Chuan-Chou Shen, Chung-Che Wu, Chrystèle Vérati, Sylvain Gallet, Marie-Hélène Moncel, Jean Combier, Samir Khatib et Michel Manetti, PLOS ONE, Dec 2013

Contacts chercheurs

Véronique Michel
Cultures et Environnements. Préhistoire, Antiquité, Moyen Âge (CEPAM) – CNRS / Université Nice Sophia Antipolis / INRAP / Institut national études démographiques / Ministère culture et communication
Tél. : 04 89 88 15 35
Mél. : veronique.michel@cepam.cnrs.fr

Chrystèle Vérati
GEOAZUR – CNRS / Université Nice Sophia Antipolis / Observatoire de la Côte d’Azur / IRD
Tél. : 04 83 61 85 89
Mél. : chrystele.verati@unice.fr

Contact communication

John Pusceddu
Responsable de communication de la délégation de la Côte d’Azur du CNRS
Tél. : 04 93 95 41 18 / 06 84 09 31 90
Mél. : john.pusceddu@dr20.cnrs.fr