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Les coelacanthes, des fossiles-vivants ?

by Frédéric Magné - published on , updated on

Non, les populations de coelacanthes vivant au large des Comores et en Indonésie ne sont pas tout droit sorties du Crétacé ! Deux chercheurs du laboratoire Evolution, génome et spéciation du CNRS s’insurgent contre l’appellation abusive de « fossile-vivant » et rappellent que les espèces actuelles, si elles font partie de la même famille, sont très différentes des coelacanthes qui vivaient il y a 65 millions d’années. 


 A gauche, Latimeria chalumnae (environ 1,5 mètre de long), l’espèce de coelacanthes vivant actuellement au large des Comores. A droite, Macropoma lewesiensis (environ 0,6 mètre de long), son plus proche parent connu qui a disparu il y a 65 millions d’années. Les différences morphologiques entre les deux espèces, notamment au niveau des os crâniens, des insertions des nageoires charnues, des vessies natatoires..., sont patentes. Crédit Casane / Laurenti ; copyright Wiley-Blackwell 


On croyait la famille des coelacanthes, qui a prospéré du Dévonien (il y a 400 millions d’années) au Crétacé (de 145 à 65 millions d’années), disparue depuis des millions d’années. Seuls les fossiles retrouvés en grand nombre témoignaient de la présence passée de ces ancêtres aquatiques des vertébrés terrestres, caractérisés par leurs étonnantes nageoires : elles sont en effet rattachées au corps par de véritables « bras ». Jusqu’à ce jour de 1938 où le premier spécimen vivant de coelacanthe était retrouvé au large des Comores. Baptisée Latimeria chalumnae, l’espèce qui compte quelques centaines d’individus estrejointe en 2000 par Latimeria menadoensis, son cousin indonésien. Et continue d’alimenter les fantasmes. « Des articles scientifiques parus ces deux dernières années n’ont pas hésité à expliquer la faible diversité génétique de ces populations par le fait que l’animal, véritable fossile-vivant, n’avait pas évolué depuis le crétacé », s’insurgent Patrick Laurenti et Didier Casane, du laboratoire Evolution, génome et spéciation de Gif-sur-Yvette (LEGS) du CNRS.

« C’est une aberration au regard de la génétique des populations, rappellent les chercheurs. Il n’existe à ce jour aucun exemple d’espèce qui n’ait pas évolué sur une période qui se compte en dizaines de millions d’années. C’est le résultat inévitable des mutations génétiques. » Si la diversité génétique constatée dans les populations actuelles est faible, c’est en réalité qu’il s’agit de toutes petites populations… Les chercheurs, qui ont également comparé les caractéristiques morphologiques des coelacanthes anciens et modernes, enfoncent le clou : « Macropoma, le plus proche parent connu des coelacanthes actuels (disparu il y a 65 millions d’années), mesure 60 centimètres, soit deux à trois fois moins que Latimeria. Il est également très différent par la forme des os de la tête, la position des nageoires ou la composition des vessies natatoires, ce qui témoigne de modes et de milieux de vie fort différents. » 

Références

Why coelacanths are not ’living fossils’ : A review of molecular and morphological data, publié dans Bioessays, le 4 février par Didier Casane et Patrick Laurenti. 

Contact chercheur

Patrick Laurenti, Laboratoire Evolution, génomes et spéciation du CNRS, Tél. : 01 69 82 37 21, Mél : patrick.laurenti@legs.cnrs-gif.fr

Contact presse

Sylvie Salamitou, Laboratoire Evolution, génomes et spéciation du CNRS, Tél. : 01 69 82 37 23, Mél : sylvie.salamitou@legs.cnrs-gif.fr