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Pourquoi les poissons osseux dominent les océans ?

by Frédéric Magné - published on

Les poissons osseux, avec un squelette ossifié, sont aujourd’hui extrêmement diversifiés. Ce groupe comprend plus de 30 000 espèces : Brochet, thon, anguille, hippocampe… Il n’en a pas toujours été ainsi. En effet, il y a 300 millions d’années (Ma), les océans étaient dominés par un autre groupe : les poissons avec un squelette cartilagineux, comme les requins et les raies. Ceux-ci ne représentent désormais plus que 1100 espèces. Pourquoi et quand ont-ils décliné au profit de leurs cousins osseux ? Une grande étude menée par une équipe internationale comprenant le laboratoire Biogéosciences (CNRS / Université de Bourgogne) vient d’apporter une réponse précise à cette question. Les détails sont publiés en ligne dans la revue Biological Reviews.
 

Il est apparu que contrairement à ce que pensaient jusque-là certains paléontologues, l’explosion du nombre d’espèces de poissons osseux a eu lieu non pas très lentement ou « brutalement » en quelques millions d’années, mais lors d’une succession de phases situées entre il y a 300 et 200 Ma. De plus, cette transition se serait produite non pas à cause d’un seul évènement, mais d’au moins deux successifs.

« Les poissons osseux se sont diversifiés massivement quand leur cousins cartilagineux, encore maîtres des océans jusqu’il y a environ 260 Ma, leur ont laissé le champ libre après avoir été décimés par deux extinctions massives d’espèces : l’extinction « Permien moyen », survenue vers -2260 Ma ; et l’extinction Permien-Trias, qui a eu lieu il y a 252 Ma », précise le paléontologue dijonnais Arnaud Brayard.

Pour arriver à cette conclusion, le chercheur et son équipe ont construit une énorme base de données compilant plusieurs centaines de données sur les poissons osseux et cartilagineux : présence ou non d’une espèce donnée de ces deux groupes à en endroit du globe et à une époque géologique précise, abondance de ces espèces, leur taille...

« Ces données ont été extraites de plusieurs centaines de publications scientifiques parues depuis 200 ans, mais aussi d’observations inédites réalisées par des paléontologues de diverses nationalités (Anglais, Allemands, Russes, etc.), réunis à l’occasion de cette étude », souligne Arnaud Brayard.

Fastidieux, ce travail a nécessité pas moins de cinq années.

Enfin, en croisant les données de leur base, les paléontologues ont pu déterminer les changements survenus dans la diversité des poissons cartilagineux et osseux, pendant la période allant de - 300 à - 200 Ma.

A l’avenir, ces résultats pourraient aider à déterminer quels groupes d’animaux pourraient succomber à l’extinction de masse sévissant actuellement, en vue d’éventuellement les protéger.
 


Changement de diversité durant l’intervalle recouvrant le Permien et le Trias. Les poisons cartilagineux
(en bleu) étaient très diversifiés durant le Permien. Cependant, après une baisse de diversité des poissons
cartilagineux durant l’extinction du Permien moyen, les poissons osseux (en rose) se diversifièrent
massivement durant le Trias, notamment après l’extinction de masse Permien-Trias.
© C. Romano/A. Brayard


Le poisson osseux triasique Saurichthys était vivipare, comme le montre ce spécimen
avec deux embryons (en encadré). Les poisons osseux vivipares apparurent pour
la première fois pendant le Trias. © PIMUZ


Triodus appartient aux Xenacanthiformes, un groupe éteint de poisons cartilagineux.
Ces poisons étaient répandus dans les environnements d’eau douce et étaient équipés
sur la tête d’une pointe ressemblant à un harpon. Ce spécimen a été trouvé dans le Permien
du bassin de Saar-Nahe en Allemagne du Sud-Ouest. © Urweltmuseum GEOSKOP


 

 Référence

"Permian-Triassic Osteichthyes (bony fishes). Diversity dynamics and body size evolution",  C. Romano, M. B. Koot, I. Kogan, A. Brayard, A. V. Minikh, W. Brinkmann, H. Bucher & J. Kriwet, Biological Reviews, novembre 2014.
 

Contact chercheur

Arnaud Brayard
Biogéosciences – CNRS / Université de Bourgogne
Tél. : 03 83 39 36 95
Email : arnaud.brayard@u-bourgogne.fr

 

Contacts communications

Michèle Dalby
Biogéosciences – CNRS / Université de Bourgogne
Tél. : 03 80 39 57 39
Email : dalby@u-bourgogne.fr

Françoise Immel
Biogéosciences – CNRS / Université de Bourgogne
Tél. : 03 80 39 63 69
Email : francoise.immel@u-bourgogne.fr