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Quand Sapiens contait fleurette à Néandertal…

by Frédéric Magné - published on , updated on

Homo sapiens et Néandertal auraient-ils fait plus que cohabiter sur le territoire européen ? Un fossile néandertalien tardif issu des Monts Lessini, dans le nord de l’Italie, montre la formation d’un début de menton - une caractéristique unique, propre à Homo sapiens. Selon Silvana Condemi, directrice de recherche CNRS au laboratoire Anthropologie, droit et santé de Marseille, cette découverte relance l’hypothèse d’une possible hybridation entre les deux espèces.
 

Cinq vues de la mandibule de Mezzena. A, vue de face, B, vue interne , C, vue latérale, D, vue supérieure et E, vue inférieure © S. Condemi


C’est l’histoire d’une mandibule néandertalienne trouvée à Mezzena, dans la région du Lac de Garde, dans les années 50 et qui depuis dormait dans les collections du musée d’histoire naturelle de Vérone… jusqu’à ce qu’elle rejoigne le grand projet « Fossiles humains de Vérone », coordonné par Laura Longo, en 2005. Les chercheurs notent alors une incongruité sur ce Néandertalien tardif : à la différence des Néandertaliens classiques, qui présentent un menton fuyant, le fossile de Mezzena possède une ébauche de menton osseux - une caractéristique unique parmi les espèces d’hommes que Sapiens est seul à posséder.
La mandibule est réexaminée à l’aide des techniques modernes - modélisation 3D, comparaison statistique avec d’autres fossiles de Néandertaliens tardifs et analyses ADN. Les analyses ne font aucun doute : à l’exception du menton, proche des mentons sapiens, le fossile est bien néandertalien. L’hypothèse de l’hybridation, dont cet individu serait le résultat, est confirmée. Mieux, la séquence néandertalienne retrouvée dans l’ADN mitochondrial de la mandibule (transmis par la mère) précise le scénario : c’est une Néandertalienne qui aurait vraisemblablement succombé à l’envahisseur Sapiens venu du Proche-Orient.
« Il est intéressant de noter qu’en dépit du contact avec Homo sapiens, les Néandertaliens de Mezzena ont gardé leur tradition de taille des outils en pierre – cette industrie dite moustérienne, typique de Néandertal » note Silvana Condemi, directrice de recherche CNRS co-auteur de l’article. Si hybridation il y a eu, il semblerait donc qu’il n’y ait pas eu acculturation. Un nouvel élément qui plaide pour l’existence de plusieurs scénarii de coexistence entre Homo Sapiens et Néandertal à l’échelle du continent européen, et dont le métissage n’est qu’une possibilité, peut-être très localisée… 

Références :

Possible interbreeding in late Italian Neanderthals ? New data from the Mezzena Jaw (Monte Lessini, Verona, Italy), publié dans PLOS One le 27 mars 2013 par Silvana Condemi, Aurélien Mounier, Paolo Giunti, Martina Lari, David Caramelli et Laura Longo. 

Contact chercheur

Silvana CONDEMI, Directrice de recherche au CNRS, Laboratoire Anthropologie bio-culturelle, Droit, Ethique et Santé (ADES), CNRS / Université Aix-Marseille, EFS Alpes Méditerranée, Ministère de la culture et communication, Tél. : 06 84 97 99 50, Mél : silvana.condemi@univ-amu.fr

Contact presse

Karine Baligand, Responsable du service communication de la délégation Provence et Corse, Tél : 04.91.16.46.30, Mél : karine.baligand@dr12.cnrs.fr