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Vers la résolution du « paradoxe du plancton »

by Frédéric Magné - published on

Dans une étude récemment parue dans The ISME Journal, une équipe conduite par un chercheur du du CNRS au Laboratoire d’océanographie de Villefranche (CNRS / Université Pierre et Marie Curie), tente une nouvelle approche pour résoudre le casse-tête du plancton, qui présente une biodiversité assez inexplicable.

Différentes espèces concurrentes de tintinnides ayant toutes le même diamètre buccal. Au milieu l’espèce dominante, dans les cadres les espèces « doublures » © John R. Dolan

Depuis plus d’un demi-siècle, les écologues de l’océan butent sur le « paradoxe du plancton ». Le plancton s’avère en effet d’une variété extraordinaire puisqu’on peut trouver des milliers d’espèces différentes dans seulement quelques litres d’eau de mer. Or, il est très difficile de justifier pareille biodiversité dans un environnement qui, lui, n’est pas d’une diversité folle.

Pour essayer de résoudre cette énigme, les auteurs de l’étude publiée dans The ISME Journal se sont intéressés au groupe des tintinnides, qui rassemble quelque 1 200 espèces de plancton animal dont la particularité est de loger dans une sorte de coquille en forme d’éprouvette plus ou moins longue. Nommée lorica (« cuirasse » en latin), cette logette s’ouvre par une bouche avec laquelle l’animal microscopique « broute » du plancton végétal. Les chercheurs ont analysé la diversité des tintinnides sur trois sites (deux en Méditerranée, un en Californie) en prenant en compte le diamètre de la bouche des espèces rencontrées, lequel détermine directement la taille des proies ingérées et, par conséquent, la place de chaque tintinnide dans la chaîne alimentaire.

En ne s’attachant pas au seul dénombrement d’espèces, cette approche a permis de s’apercevoir que la diversité des tintinnides avait une structure particulière, en paquets. A chaque niche, c’est-à-dire à chaque taille de proie potentielle, on trouvait un paquet d’espèces de tintinnides ayant toutes le même diamètre de bouche. Chaque paquet était dominé par une seule espèce, les autres servant en quelque sorte de doublures, de remplaçants sur le banc de touche. C’est cette redondance au sein de chaque niche qui explique la très grande diversité du plancton. Pour les chercheurs, élucider le « paradoxe du plancton » est essentiel afin de comprendre le fonctionnement des écosystèmes océaniques et les effets qu’y produira le changement climatique.

Références

The species-rich assemblages of tintinnids (marine planktonic protists) are structured by mouth size, The ISME Journal, John R. Dolan, Michael R. Landry & Mark E. Ritchie. 

Contact chercheur

John R. Dolan, Laboratoire d’océanographie de Villefranche, CNRS / Université Pierre et Marie Curie, Station zoologique Villefranche-sur-Mer, BP 28, 06230 Villefranche-Sur-Mer.
Tél. : 04 93 76 38 22
dolan@obs-vlfr.fr

Contact presse

John Pusceddu, Responsable du service communication de la Délégation de la Côte d’Azur du CNRS.
Tél. : 06 84 09 31 90
john.pusceddu@dr20.cnrs.fr