Laboratoire Evolution et Diversité Biologique

 

Responsable : Christophe Thébaud

Notre groupe cherche à élucider les mécanismes qui gouvernent l'origine de la diversité des objets biologiques ainsi que le maintien de cette diversité, à différents niveaux d'intégration : génome, populations, communautés. Les enjeux associés au développement d'approches théoriques nouvelles en matière de biodiversité justifient l'émergence de concepts communs entre ces disciplines. Plus spécifiquement, notre groupe aborde les thématiques suivantes.

Thumbnail examplePhylogénétique des communautés : stratégies évolutives et résilience dans les communautés écologiques. J.Chave & C Thébaud. Le maintien de la diversité spécifique dans les communautés écologiques telles que les forêts tropicales se traduit à la fois par une grande diversité de traits d'histoire de vie mais aussi de leur histoire évolutive. La théorie prédit que les fonctions écologiques ne sont pas directement fonction du nombre d'espèces dans les communautés hyper-diversifiées. Nous cherchons à comprendre les rôles relatifs de l'histoire évolutive et des adaptations à l'environnement dans la structuration des communautés écologiques. Ce travail s'appuie sur des développements théoriques, et est appliqué à des exemples pris dans les communautés de plantes tropicales, en particulier en Guyane française, à Panama et à la Réunion.Thumbnail example

Spéciation et évolution morphologique. C. Thébaud, C. Andalo, M. Burrus. L'ensemble des résultats acquis par notre groupe sur la couleur des fleurs dans le modèle Antirrhinum montre que les différences génétiques qui sous-tendent la variabilité entre taxa étroitement apparentés d'un caractère comme la couleur des fleurs, qui est écologiquement important et susceptible de jouer un rôle important dans l'évolution de l'isolement reproducteur, concernent un petit nombre de gènes de régulation. Afin d'obtenir une image plus complète des mécanismes qui contrôlent le processus évolutif de différenciation écologique entre taxa étroitement apparentés, nous cherchons à comprendre la distribution de la diversité génétique dans les deux sous-espèces d'Antirrhinum en utilisant une approche phylogéographique. Afin d'étudier le rôle des pollinisateurs dans l'évolution de l'isolement reproducteur chez Antirrhinum, nous étudions expérimentalement les préférences de pollinisation par des bourdons.

Thumbnail exampleHistoire démographique et conservation des populations. L. Chikhi, B. Crouau-Roy, A Ribéron. La manière dont la diversité génétique se répartit entre populations d'une même espèce ou entre individus d'une même population est le résultat de l'interaction complexe de facteurs tels que les événements démographiques (goulots d'étranglement, expansions démographiques, mélanges de populations, fragmentation) qui influencent les gènes neutres de manière similaire. Nous travaillons sur des méthodes permettant d'estimer ces événements en tentant d'utiliser l'information présente dans les données génétiques de façon efficace. Notre objectif est de mieux comprendre l’impact de la fragmentation sur la conservation des espèces en potentiel danger. Ces approches sont utilisées dans l'étude des flux géniques récents et anciens entre populations de lémuriens (Propithèque de Tattersall, Propithecus tattersalli) vivant dans des fragments forestiers, et dans celle des migrations du macaque Macaca fascicularis à l'île Mayotte. Nous travaillons également sur des problèmes d’introgression génétique chez la Dexter, une race de vache menacée et sur la conservation des populations naturelles d’orangs-outans sur l'île de Bornéo.

Thumbnail exampleEvolution moléculaire des chromosomes sexuels des primates. B. Crouau-Roy. Le gène de l'amélogénine (émail dentaire; AMEL) est présent sur les chromosomes X et Y chez certaines espèces de primates avec aucun échange entre les formes X et Y, que ce soit par crossing-over ou par conversion génique. Des travaux récents suggèrent que AMEL aurait été localisé dans une région frontière de la région pseudo-autosomale (et donc recombinante) du chromosome Y expliquant ainsi les différences d’évolution observées dans le gène. Cette configuration génique est particulièrement intéressante pour étudier les contributions relatives des processus aléatoires (dérive génétique) et déterministes (sélection) au niveau moléculaire. En effet, les mutations faiblement délétères ont plus de chances de se fixer dans la population lorsque l'effectif efficace est faible en raison de la dérive génétique qui devient plus importante que la sélection. Cela permet de prédire que ce type de mutations pourrait être plus fréquent sur le chromosome Y. Nous pourrons ainsi voir si les processus contribuant à la dégénerescence du Y laissent également une marque sur ce gène fonctionnel. Nous disposons d’ADN de mâles et de femelles de plusieurs espèces de primates séparées par plus de 40 millions d’années: singes du nouveau monde, de l’ancien monde et ainsi que de Lémuriens et de bovidés (outgroup).