STRUCTURE DES COMMUNAUTES & MACROECOLOGIE

 

 

 

 

 

 

Notre objectif consiste à analyser et expliquer la biodiversité, la structure et la dynamique des peuplements aquatiques continentaux (principalement les poissons mais également les macroinvertébrés benthiques et les diatomées). Cette démarche s’exprime à travers différentes échelles spatiales, de l’échelle locale (dynamique des assemblages, structure des communautés,…), à l’échelle globale (macroécologie, gradients de diversité,…). Ces approches à des échelles complémentaires permettent de déterminer et de quantifier l'importance des différents facteurs biotiques et abiotiques qui président à la mise en place et à l'organisation des communautés.

Face aux multiples pressions anthropiques subies par les systèmes aquatiques, une meilleure compréhension des facteurs structurant les communautés permet de quantifier l'impact des perturbations anthropiques, mais également de comprendre comment ces perturbations influencent les assemblages.

Nos activités sont focalisées sur quatre types de perturbations anthropiques, reconnues comme les principales causes de modification des assemblages et d’érosion de la biodiversité :

  •   Les changements globaux
  •   Les espèces invasives
  •   La fragmentation des habitats
  •   Les substances toxiques

 

 

 

Impacts potentiels des changements globaux

 

 

Problématique générale

 

 

Les changements globaux (modifications de l’environnement et du climat à l’échelle du globe) reçoivent depuis plusieurs années une attention grandissante, et de nombreux travaux visent à déterminer leur impact sur les grands équilibres de la biosphère. Ainsi, l’augmentation attendue de la concentration en dioxyde de carbone et de la température moyenne à la surface du globe devrait avoir des conséquences écologiques majeures.

 

Toutefois, les impacts potentiels de tels changements sur la biodiversité et sur le fonctionnement des écosystèmes sont encore mal appréhendés, et leur prédiction constitue aujourd’hui un des challenges majeurs auxquels sont confrontés les écologues. A ce jour, les prédictions relatives aux impacts biologiques du changement global reposent principalement sur :

l’analyse des patrons de distribution des espèces en relation avec des facteurs environnementaux

une anticipation des expansions ou contractions des aires de distributions en fonction de scénarios de modifications environnementales.

Cette démarche suppose que les aires de distribution sont conditionnées par l’amplitude de tolérance physiologique des organismes aux facteurs considérés, mais cette approche ne tient pas compte des interactions entre espèces (e.g. compétition, prédation, parasitisme...), jouant pourtant un rôle fondamental dans la structuration des communautés biologiques.

Différents scénarios de modifications climatiques concernant la température de l’air et les précipitations sont disponibles (collaboration avec M. Dequé, Météo-France).

Prévisions de l’augmentation des

températures moyennes sous le scénario A2

(Données Météo-France – Michel Dequé)

Prévisions de l’augmentation des

températures moyennes sous le scénario B2

 (Données Météo-France - Michel Dequé)

 

 

 

Thématiques abordées

 

1) Impacts sur l’habitat

Les modifications climatiques attendues (température et précipitations) sont susceptibles de modifier l’occupation des sols, et

 

 

 

 

2) Réponses des espèces de poissons d’eau douce aux changements globaux

 

Dans les écosystèmes aquatiques continentaux, les poissons d’eau douce sont particulièrement sensibles à la qualité de l’eau et à l’intégrité écologique des habitats. De plus, ces vertébrés ectothermes sont extrêmement sensibles aux fluctuations de température et apparaissent alors comme un modèle biologique très intéressant pour l’étude des impacts potentiels du réchauffement climatique.

Notre équipe cherche ainsi à identifier les impacts potentiels des modifications climatiques attendues sur les assemblages de poissons d’eau douce. Ces modifications sont abordées en terme de structure des assemblages (approche taxonomique) mais également de diversité fonctionnelle (traits biologiques des espèces). Les réponses biologiques des espèces de poissons sont analysées à différentes échelles spatiales et en utilisant diverses approches (modélisation statistique, approche expérimentale, etc).

 

 

 

3) Invasions d’espèces et homogénéisation biotique

 

Les processus d’invasion par les espèces exotiques reçoivent ces dernières années une attention croissante, menant à formuler différentes hypothèses quant aux processus d’homogénéisation biotique. Dans ce cadre, nous mettons actuellement en place une base de données globale concernant les poissons exotiques d’eau douce. Cette base sera utilisée pour comprendre les patrons et les processus d’invasion ainsi que pour tester les différentes hypothèses d’homogénéisation biotique.

 

 

 

 

 

 

 

  Impacts des espèces invasives

 

 

 

 

Problématique générale

 

 

    L'homme est à l'origine des l'introduction d'espèces, soit par un transport direct, soit indirectement via la création de canaux mettant en relation des systèmes hydrographiques originellement indépendants. Les espèces non natives sont donc introduites dans un environnement sans avoir subi la série de filtres historiques et environnementaux déterminant la composition des assemblages natifs. Néanmoins, ces espèces s’implantent parfois durablement dans leur nouvel environnement, et sont alors susceptibles d'interagir avec la faune native. Ces interactions directes (prédation, compétition) ou indirectes (modification de l'habitat) risquent de modifier la structure des communautés et la composition des assemblages, pouvant même mener dans quelques rare cas à des extinctions massives d'espèces. 

 

   Même si l'impact des espèces ayant provoqué de graves déséquilibres écologiques est bien connu, nous manquons actuellement d'information sur l'impact de la grande majorité des espèces de poissons introduites, et en particulier sur la nature et l'intensité des interactions entre espèces natives et introduites.

 

De plus, à plus large échelle spatiale, les multiples introductions d'espèces sont à l'origine du phénomène d'homogénéisation biotique. En effet, les introductions successives d'espèces, combinées avec l'extinction d'espèces natives tendent à augmenter la similarité faunistique entre zones biogéographiques. Cette hypothèse d'homogénéisation biotique a été testée sur différents organismes, dont les poissons, mais uniquement sur des zones géographiques relativement limitées. Il semble donc maintenant nécessaire d'aborder l'homogénéisation biotique à plus large échelle, de manière à acquérir une vue globale sur ce processus.   

 

 

Thématiques abordées

 


1) Impacts des espèces non natives sur la faune native

 

 

Certaines espèces non natives sont susceptibles d'interagir avec des espèces autochtones. Bien qu’elles n’entraînent pas le déclin de la faune native, les interactions entre espèces natives et non natives sont susceptibles de réduire la survie ou les ressources disponibles pour les espèces autochtones. Le coût de cette cohabitation forcée pourrait alors réduire les chances de survie de espèces autochtones face à différentes perturbations.

Notre but est ici d’identifier et de quantifier les relations entre espèces natives et non natives grâce à une approche combinant des observations en milieu naturel et des expérimentations en milieu contrôlé. Ceci nous permet de mieux comprendre l'impact de différentes espèces exotiques sur la faune native, et d’en déduire, à plus large échelle géographique, les conséquences probables de l’invasion par certaines espèces.

 

 

 

2) Patrons d'invasion et homogénéisation biotique

 

 

La mise en place d'une base de données à large échelle géographique nous permet de tester si les processus d'homogénéisation biotique observés en Amérique du Nord ou en Europe de l'ouest sont vérifiables à plus large échelle géographique. Nous visons ainsi à mieux comprendre, grâce à une approche continentale, puis globale, les processus d'homogénéisation biotique. De plus, nous cherchons également, à l'aide de différents modèles prédictifs, à déterminer les aires d'invasion potentielle des espèces non natives. Ces travaux acquièrent tout leur sens dans le contexte des changements climatiques globaux, qui sont susceptibles d'influencer fortement les zones d'invasion potentielle.

Nombre d’espèces de poissons exotiques (espèces non Européennes) dans les 25 plus grands cours d’eau Européens

 

 

 

 

 

 

 

 

Fragmentation des habitats

 

 

 

Problématique générale

 

 

  Les seuils et barrages constituent la cause principale de la fragmentation des cours d'eau. Ces barrages sont très répandus puisque à l'échelle mondiale, on estime que près de la moitié des bassins versants sont fragmentés et qu'en moyenne, 500 nouveaux barrages sont construits tous les ans. Les modifications de la structure physique du milieu induite par les barrages est bien connue. Du point de vue de la faune, de très nombreux travaux se sont intéressés aux discontinuités induites par les barrages, qui s'opposent aux déplacements naturels de la faune et bloquent les routes de migration. Cependant, deux points sont encore peu étudiés 1) l’impact des très grands barrages, qui n’est en aucun cas comparable à celui des barrages de taille plus réduite et ; 2) l’impact cumulé de barrages successifs sur un même cours d’eau.

 

 

Thématiques abordées

 

 

1)       Conservation de la biodiversité après construction de très grands barrages

 

Le développement conjoint des capacités techniques et des besoins énergétiques de pays émergents entraîne depuis quelques années la construction de gigantesques barrages sur les grands fleuves. C’est le cas, par exemple, du barrage des Trois Gorges sur le YangTse mais également d’autres projets actuels de très grands barrages. Ce type d’ouvrage ne peut être appréhendé, en termes d’impact écologique, comme on le ferait pour un barrage de taille classique. En effet, le tronçon de cours d’eau noyé par la retenue représente généralement l’espace vital nécessaire à de nombreuses espèces (souvent endémiques) et le barrage en lui-même constitue un obstacle infranchissable. L’impact écologique d’un tel ouvrage est important, car il met en jeu la survie ou l’extinction définitive de plusieurs espèces. Grâce aux données acquises sur ces systèmes nous visons à prévoir l’impact de ces barrages de manière à i) identifier les espèces mises en danger et ii) proposer des protocoles de sauvegarde de ces espèces.

 

 

 

2)       Fragmentation multiple à l’échelle d’un cours d’eau

 

 

La fragmentation est traditionnellement appréhendée par l’étude d’un barrage, sans considérer la fragmentation sur le reste du cours d’eau. Cependant, dans la majorité des cas, le barrage n’est qu’un élément parmi une succession d’obstacles au sein du continuum amont-aval. Nous proposons donc d’aborder la fragmentation par la prise en compte des multiples obstacles susceptibles de modifier le fonctionnement d’un cours d’eau, la composition et la structure des communautés. Pour cela nous étudions l’impact de la fragmentation sur différents groupes taxonomiques (poissons, diatomées, macroinvertébrés). Cette réponse est quantifiée en termes d’abondance, de différences morphologiques et génétiques entre les différents tronçons séparés par des barrages.

 

 

 

 

 

 

 

 

  Substances toxiques

 

 

Problématique générale

 

La directive cadre européen (WFD) a engagé tous les états membres d'observer les eaux de surface pour atteindre le bon état chimique et écologique à l'horizon de l'an 2015. Dans l'environnement, on dénombre plusieurs milliers de composants chimiques dont les effets sur la faune et la flore sont loin d'être connus.

Notre objectif est de combiner les données biologiques et chimiques pour établir des modèles afin de déterminer et de prédire des effets nuisibles des substances toxiques dans l'environnement.

 

Thématiques abordées

  • Effets des substances toxiques sur les modifications comportementales des poissons
  • Effets des substances toxiques sur les trais biologiques des poissons et macroinvertébrés
  • Ordination et classification des substances toxiques à l'échelle du bassin versant
  • Effets des substances toxiques sur la structure des communautés des poissons: modèles explicatifs et prédictifs.

 

Programmes de recherche financés:

  • MODELKEY: projet européen IP du 6ème PCRD (2006-2010)
  • KEYBIOEFFECTS: projet européen RTN Marie-Curie du 6ème PCRD (2007-2010)